Les causes de fermetures des agences bancaires

Selon les chiffres de la Fédération bancaire française, ces dernières années, de plus en plus d’agences bancaires physiques ont fermé boutique en France. En 2017, 37 209 agences sont restées ouvertes selon la Banque centrale européenne, soit une régression de 3% par rapport aux statistiques de 2009.

Cette baisse est néanmoins moins importante que celle observée dans le reste de l’Europe qui a connu un recul de 21% en moyenne sur cette même période. L’Espagne et les Pays-Bas sont les plus touchés avec des régressions respectives  de 38% et 48%. Mais dans le cadre de la restructuration du réseau bancaire, la FBF prédit la fermeture de quelques 4500 agences et plus dans l’Hexagone à l’horizon de 2020.

La digitalisation des services bancaires en première ligne

L’arrivée des banques en ligne et du concept de la connectivité a  provoqué de nouvelles habitudes chez les clients comme Détective Banque le souligne, obligeant ainsi les banques classiques à suivre le mouvement. De moins en moins de clients se déplacent donc en agence avec la dématérialisation des services bancaires, appliquée par les banques de réseaux. D’après une étude récente du cabinet Deloitte, si 18% des français n’ont pas utilisé les services de leur agence bancaire en 2014, ce chiffre est monté à 27% cette année.

Désormais, il est aussi simple d’ouvrir un compte ou de souscrire un crédit en ligne que de tchatter à distance avec son banquier. Le déplacement en agence n’est donc nécessaire que lorsque le client prend des décisions importantes dans sa vie, en l’occurrence la constitution d’une épargne pour la retraite, la souscription d’un prêt conséquent ou encore le placement d’héritage. La fermeture des agences est donc une suite logique à cette situation.

La crise financière : un facteur non négligeable

Dans la zone euro, la digitalisation des services s’est accompagnée de politiques radicales après la crise financière, ce qui explique l’importance des cessions de guichets. En France, une sorte d’accord tacite a limité les dégâts. Les groupes bancaires français ont décidé de réduire leurs effectifs avec une stratégie simple : plus de départs à la retraite et pas/moins de recrutements afin de rester rentable. Ils comptent cependant imiter les groupes européens avec la restructuration en cours et à venir.

13% de suppression en moyenne chez les réseaux bancaires d’ici 2020

Le Syndicat national de la banque ou SNB explique que 15% à 20% de nouvelles fermetures auront lieu. Pour preuve : LCL va supprimer 13 % de ses agences, équivalent à 250 agences d’ici 2020. Quant à BNP Baribas, elle va fermer 10% de ses agences, équivalent à 200 de ses points de vente. La Société Générale envisage quant à elle de fermer les portes de 300 guichets. En gros, 13% du réseau français disparaîtront entre 2016 à 2020 selon une étude du cabinet Sia Partners. Le nombre d’agences de banque sera ainsi réduit à 32 500.

Les cessions devenues aussi incontournables chez les réseaux mutualistes

Les réseaux mutualistes ont longtemps tout fait pour réduire la fermeture de leurs points de vente : Entre 2012 à 2016, le Crédit Mutuel n’a fermé que 2% de ses agences, le Crédit Agricole 0,2% des siens, la Banque Populaire 1% et la Caisse d’Epargne 0,5%. BPCE ne peut échapper à la politique de fermeture et envisage donc une stratégie de regroupement d’agences majeur. 400 de ses guichets fermeront ainsi en l’espace de 3 ans. Les 16 caisses régionales de la Caisse d’Epargne passeront aussi de 16 à 14.

Concernant la perspective pour les agences restantes, les banques des villes moyennes vont être agrandies et réorganisées de façon à avoir des secteurs dédiés à chaque domaine d’expertise: crédit, épargne, retraite… Pour les zones isolées, des tournées de camions-agences viendront les remplacer, comme au bon vieux temps !